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    L’E-conoclaste: Décembre 2017

    L’E-conoclaste: Décembre 2017

    Citation du moment


    « Quand la mer est tranquille, chaque bateau a un bon capitaine. »

    Proverbe suédois.

     

    L’actu en chiffres


    500 milliards : est la capitalisation actuelle record en dollars des cryptomonnaies, avec en tête le bitcoin dont la valeur unitaire dépasse les 17 000 dollars et qui représente la moitié du marché (275 $MM), loin devant l’Ethereum (71 $MM) et le Ripple (22,5 $MM).

    La reconnaissance par le CBOT et le CBOE inaugurant des instruments dérivés options et futures ainsi que l’annonce par les banques japonaises et sud-coréennes de commencer à tester le système de paiement Ripple catalysent l’envolée. Des banques américaines étudient actuellement la création et l’usage d’instruments sur cryptomonnaies. Alors bulle spéculative ou pas ?

    47 milliards : est en dollars ce que devrait économiser Apple avec la nouvelle réforme fiscale envisagée par Donald Trump selon le Financial Times.

    Pour information, le résultat attendu de la pomme est de 48 milliards en 2017.

    8 : est le rendement annualisé moyen en % réalisé sur les actions américaines sur une période d’observation de 30 ans, bien loin devant les actions britanniques (5%) et les actions de la zone euro (4,5%).

     

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    Le Selfie du moment


     

    Marchés et décryptage


     

    Yalla Yellen !

    Comme attendu depuis plusieurs mois, Janet Yellen a relevé les taux directeurs de 25 bps à 1,50% pour la dernière fois (la cinquième depuis 2 ans, +1,25%), puisqu’elle part à la retraite remplacée par Jérôme Powell en février.

    Son bilan restera très positif puisqu’elle a su, sans faux pas, rassuré les marchés (les niveaux atteints de marché sur leurs plus hauts historiques en sont la meilleure expression) tout en sachant sortir de la politique ultra-accommodante. Elle a même plu à l’actuel imprévisible de la maison blanche qui a dû choisir avec elle, c’est tout dire !

    La tâche de son successeur sera de réduire le bilan de la Fed copieusement dopé aux hormones par nécessité depuis 2007 (x6, voir graphique 1), tout en continuant de relever les taux (entre 2 et 3 fois en 2018) en surveillant de près le maintien de l’inflation au-delà des 2% soutenue par un marché de l’emploi qui se tend peu à peu (prix en phase de remontée depuis 18 mois mais avec des vents contraires parfois voir graphique 2), et ce dans un contexte ou les autres banques centrales vont devoir lui emboiter le pas.

    En effet, il est estimé qu’après plus de 1500 milliards d’achats combinés entre les quatre autres principales banques centrales (BCE, BOE, BNS et BOJ), le sevrage devrait prendre forme à hauteur d’un tiers seulement du montant de cette année.

    Là ou un bon croquis vaut mieux qu’un long discours, voici quelques graphes (source : Actis/ Bloomberg) illustrant le propos et là où nous en sommes pour mieux comprendre la suite:

    Graphique 1 :         

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Graphique 2 :

    Les valorisations sont considérées comme tendues historiquement (entre +15% et +25% par rapport à la moyenne historique selon les zones, voir graphique 3).

    Outre-Atlantique, ces valorisations ont été tirées à la hausse, en raison aussi des technologiques, et notamment des Gafam contribuant pour un quart de la hausse du S&P cette année alors que ces dernières représentent moins de 14% de l’indice.

    Une représentation que l’on ne retrouve pas en Europe, malheureusement.

    Plus généralement, taux bas et reprise mondiale ont nettement favorisé en 2017 l’amélioration des marges bénéficiaires des entreprises qui avaient connu un coup de mou entre 2015 et 2016 entrainant une stagnation des indices sur la période (voir graphique 4).

    Compte tenu de ces éléments, les « stratèges » de banques prévoient pour 2018 une progression des cours des indices entre 8 et…12%.

    Un grand classique finalement, comme chaque année !

    Graphique 3 :         

    Graphique 4 :

    On notera qu’en sus des tensions salariales aux Etats-Unis dynamisant l’inflation, la remontée des cours de l’or noir à l’aune d’une demande excédant désormais l’offre mondiale (voir graphique 5) en raison du maintien des quotas de l’OPEP et d’une production onshore US encore calibrée opportunément pour ne pas renverser la table aidera le nouveau gouverneur de la Fed à réaliser ses objectifs.

    La nouvelle réforme fiscale votée par le Congrès ajoutera de l’huile aux rouages.

    Graphique 5 :    

    Toujours aussi énigmatique, question de timing probablement, l’effet inflationniste des politiques monétaires sur les actifs dits risqués, mais aussi sur l’immobilier (graphique 6, sur les villes américaines) ne s’est pas répercuté sur l’autre classe d’actifs, à savoir l’obligataire, ou si peu en comparaison (graphique 7) comme une asymbolie totale aux bonnes statistiques américaines et jugeant que l’inflation n’est pas encore suffisamment installée et durable pour mettre à ébullition les taux longs, qui au contraire agissent comme un flatener de la courbe US.

    Jugez un peu le spread (différence de taux) 2/30 ans, valait 242 points de base 3 ans auparavant, 192 bps fin 2016 et 93 bps actuellement, autant quasiment que le spread 5/10 ans français…

    D’ici fin 2018, on peut parier sur le fait que les taux 10 ans US reprendront le chemin des 2,50/3% (contre 2,38% actuellement) entraînant derrière eux les taux souverains européens de même échéance dans la perspective d’un arrêt progressif des mesures accommodantes.

    Graphique 6 :                                                       

     Graphique 7 :

    Apres avoir laminé les accords de paris sur le climat, les accords avec l’Iran sur le nucléaire, les accords commerciaux de l’OMC, le traité de non-agression israélo-palestinien…, Trump, le trouble-fête (de Noël bien entendu) persiste et signe en proclamant Jérusalem comme capitale d’Israël et envisageant d’y déménager son ambassade, contre l’avis de la quasi-totalité de la communauté internationale mais probablement à dessein politique afin de flatter sa base notamment évangélique (60 millions d’âmes) et détourner les regards des « russian leaks ».

    A un moment aussi où celui-ci est crédité de seulement 36% d’opinions favorables dans les sondages après un an d’investiture, un fait inédit dans l’histoire politique américaine.  L’intéressé crie naturellement au scandale et affirme que les statistiques sont truquées.

    On aurait souhaité un peu plus de sagesse en cette période tendue sur le plan sécuritaire (terrorisme, Corée du Nord) mais conforme à l’image qu’il entretient en tant que leader imprévisible, politiquement incorrect et se croyant « courageux » par ses actes, contrairement à certains de ces prédécesseurs toujours selon lui…

    Aux dirigeants européens de sortir les rames pour tenter d’éteindre le feu !

     

    Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

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