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    L’E-conoclaste: Novembre 2017

    L’E-conoclaste: Novembre 2017

    Citation du moment


    « Les gens ne voient que ce qu’ils sont préparés à voir. »

    Ralph Waldo Emerson (1803-1882), Philosophe américain

    L’actu en chiffres


    25,4 milliards : est le volume de transactions en dollars enregistrés par Alibaba pour la traditionnelle journée des célibataires du 11 novembre soit une augmentation de 40% par rapport à l’année dernière. Un nouveau record mondial (26 fois l’Amazon Prime Day) !

    2234 : est l’année où disparaitront les inégalités dans le monde (144 pays) entre les hommes et les femmes au travail mais aussi dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la politique selon une étude du Forum économique mondial. Celles-ci ont augmenté pour la première fois en 10 ans. Bonne nouvelle, la France se classerait au premier rang des pays du G20 pour la parité devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne.

    9,8 : est le nombre d’années moyen qu’un français reste dans une entreprise selon Robert Half. Ce chiffre est proche des 9,5 années constatées en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Fait notable : les français s’épanouissent le plus entre la 6ème et la 10ème année quand pour les autres pays, il s’agit plutôt des 3 premières années.

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    Le Selfie du moment


     

    Marchés et décryptage


     

    Vers une normalisation, et pas seulement des taux d’intérêt …

    Ça commence par suffire à bien faire, il était temps de redevenir raisonnable, un peu !!

    En effet, au terme d’une année tonitruante, l’euphorie boursière est retombée ces dix derniers jours sur fond d’inquiétudes, le marché s’est enfin souvenu qu’il pouvait y avoir 2 sens.

    On pourra toujours chercher des prétextes à la consolidation des marchés mais les prises de profit sur des valorisations tendues qui tardaient à se mettre en place se sont enfin matérialisées pour partie.

    Entre autres explications, on pourra citer :

    –       la mise en place de la réforme fiscale aux Etats-Unis décalée de 3 à 6 mois quand le marché attendait cette grande promesse « Trumpale » pour Thanksgiving voire maximum dans la hotte du Père Noel, que nenni il n’en sera rien.

    Pour rappel, au cours du mois d’octobre, la majorité républicaine au Congrès a passé plusieurs étapes nécessaires à la mise en place d’une réforme de la fiscalité. Les différents projets avancés par les 2 chambres (Chambre des représentants et Sénat) visent tous à la simplification du système de taxation.

    Les deux chambres ont voté une résolution budgétaire semblable avec pour instruction de rédiger un budget qui comprendrait des allégements fiscaux dont le coût ne doit pas dépasser 1500 Mds de $ sur 10 ans.

    Toutefois, cela pourrait conduire à des impôts plus élevés pour certains car la plus importante modification du code affecterait les différentes déductions fiscales.

    En conséquence, avec la proposition de réforme de la Chambre, seulement 6% des ménages réclameront des déductions fiscales contre 30% actuellement.

    Cela signifie que pour beaucoup d’entre eux, la simplification du code fiscale n’est pas synonyme de gain. Les déductions sur les dépenses médicales et les intérêts des emprunts étudiants seraient elles-aussi supprimées.

    Sous le plan de taxe des Républicains, 8% des ménages payeront plus d’impôts en 2019 que sous le plan actuel. En 2027, cela concernera 20% des ménages.

    A contrario, le Sénat désire garder les déductions sur les dépenses médicales et les intérêts des emprunts étudiants. Cela résultera en une hausse des impôts pour 9% des ménages en 2019 contre 12% en 2027, selon le Joint Committee on Taxation.

    –       En Europe, le contexte politique espagnol reste toujours ténébreux avec un gouvernement tentant de calmer le jeu et désamorcer la bombe indépendantiste

    –       Enfin, le flou autour du Brexit entretenu par le désaccord profond sur le montant de  la « soulte » du divorce entrainant menaces et ultimatum des européens (les autres), sans compter sur les votes de défiance des députés et les dissensions internes au sein du propre parti de Theresa May.

     

    Pourtant les indicateurs économiques restent toujours très bien orientés et jouissent d’une belle synchronisation dans toutes les zones géographiques, ce sont les perspectives après le beau temps qui peuvent de temps en temps rendre grognon.

    Apres 100 mois consécutifs de croissance aux Etats-Unis, et une croissance dans l’union européenne de 2,3% en 2017 notamment, la croissance mondiale tangente les 3,3%.

    Aux Etats-Unis d’abord, on constate que la croissance n’a été que modérément impactée par les évènements climatiques et les investissements accélèrent. Ceci joue sur les embauches et le marché du travail qui  connait des tensions de plus en plus fortes surtout dans le secteur technologique et le bâtiment, or les esprits chagrins disent qu’avec une économie au bord de la surchauffe on ne peut continuer ainsi bien longtemps, sans conséquence sur l’inflation et un resserrement monétaire plus marqué que ne le prévoit le marché.

    L’activité en zone euro continue à accélérer passant de 1,9% en fin d’année à 2,5% au T3 grâce au restockage des entreprises dans la mouvance de la reprise des échanges mondiaux. Le maintien de cette tendance sera conditionné par l’investissement et surtout le réveil de la consommation des ménages (60% de l’activité) si seulement celle-ci se trouve confortée par une hausse des salaires à l’identique des Etats-Unis et avec une inflation toujours sous contrôle.

    Dans les pays émergents, les bonnes nouvelles, suite au creux conjoncturel d’il y a 2 ans, sont dans les cours et deviendront dépendantes de l’orientation future du pétrole (un peu cappé il faut bien le reconnaitre sur la zone des 60$ le baril de Brent après le rebond de 30% cette année), surtout en ce qui concerne les pays du Golfe, la Russie et le Brésil.

    Le pilotage averse au shadow Banking des liquidités par les chinois auront également tendance à limiter la croissance chinoise (high 6% tout de même) ce qui devrait maintenir sous pression la reprise actuelle sans pour autant s’attendre à une rechute.

    Enfin, le « quantitative tightening » US ne facilitera pas le phénomène.

    D’une manière générale, la politique moins accommodante de la Fed pourrait avoir raison de l’exceptionnel optimisme des derniers mois quand on connait l’extrême dépendance des secteurs économiques au facteur liquidités et notamment le secteur financier courroie de transmission à celui de la consommation, responsable de 70% du PIB américain.

    Or, tout ralentissement de cette consommation a mécaniquement et historiquement entrainé un effet similaire sur les marchés action.

     

    La grenouille sur le point d’éclater, oui mais non ! Trop tôt pour le dire mais les traumas sont là.

    Altice, la maison mère de SFR, a chuté de 65% en bourse, ambiance tour de la terreur mais moins drôle qu’à Disney, depuis son niveau d’il y a 3 mois, avec une accélération ces derniers jours depuis la publication d’un résultat trimestriel décevant, une fois de plus qui, rapproché de la dette colossale de 50 Mds d’euros soit deux fois celle d’Orange, laisse songeur.

    La défiance des marché à l’égard du groupe est totale ou presque.

    Les titres obligataires ont peu réagi pour le moment de façon surprenante, un petit -4% pour la souche 2023.

    Bien loin de l’ambiance baroque de fin de monde qui a sévi sur les CDS (Credit Default Swap) tirés par la spéculation des hedge : les CDS ont triplé de 170 à 500, mais loin du pic de 760 points de base atteints en janvier 2016.

    Il est vrai aussi que d’ici 2023, Altice n’a pas vraiment de grosses échéances obligataires (80% des emprunts) et a du temps pour rassurer…ou non.

    Des deux, entre le monde des actions et celui des obligations l’un se trompe !

    Ces derniers réputés souvent plus sages auraient ils perdu la voie de la sagesse ?

    Le marché se dit que d’ici là Drahi aura peut-être réussi son pari.

    En effet, dans un ultime sursaut pour rassurer la communauté financière, Patrick Drahi et sa garde rapprochée tentent de reprendre désormais en main cet empire des télécoms et des médias aux pied d’argile, forgé à coup d’émissions obligataires pour racheter successivement Portugal Telecom, deux câblo-opérateurs américains Suddenlink et Cablevison, Libération, l’Express, NextRadioTV, les droits du foot anglais, ceux de la Champions League…

    La réduction des coûts ne fait et ne fera pas tout, les investisseurs de moins en moins complaisants et patients attendent dorénavant une augmentation significative de l’activité et des marges afin de rendre cette dette plus soutenable et réussir sur le plan opérationnel à faire migrer ses clients actuels et futurs sur la fibre, un schéma long et couteux.

    Les prochains trimestriels seront scrutés à la loupe.

     

    Rédigé par Christophe Gautier, Equipe de Gestion ACTIS AM.

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